L’ancien maire LFI de Grabels René Revol démissionne du conseil sans prendre sa retraite politique


René Revol lors de la venue de Manuel Bompard pour le lancement de la campagne municipale de Nathalie Oziol.
René Revol lors de la venue de Manuel Bompard pour le lancement de la campagne municipale de Nathalie Oziol. (©CN / Métropolitain (Archives))

Battu par Pascal Heymes aux élections municipales à Grabels après en avoir été le maire pendant dix-huit ans, René Revol annonce sa démission du conseil municipal. Pour autant, l’Insoumis, proche de Jean-Luc Mélenchon qui sera au centre de son prochain livre, entend rester un citoyen engagé et ne compte pas prendre sa retraite politique.

Place à la nouvelle génération

« À la suite des élections municipales à Grabels, qui ont conduit à l’installation d’une nouvelle majorité de droite, j’ai décidé, ce mercredi 1er avril, de démissionner de mon mandat de conseiller municipal ». Avec son communiqué, René Revol n’a pas décidé de faire un poisson d’avril. Contacté, il explique avec beaucoup de sérénité : « C’est une décision que j’ai mûrement réfléchie. J’ai été dix-huit ans maire et j’ai 78 ans. Après cette sanction électorale, que j’accepte bien sûr, il faut laisser la place à une nouvelle génération ». Avec lui, son fidèle adjoint Jean-Pierre Olivarès prend la même décision. « Il ne faut pas se cacher derrière une boîte d’allumettes. J’ai été battu donc il faut analyser cette défaite. La majorité des électeurs de Grabels qui se sont déplacés pour aller voter ont souhaité tourner la page. Beaucoup d’entre eux m’ont dit qu’ils ne m’en voulaient pas à moi, personnellement, mais qu’ils pensaient que j’avais fait mon temps. Je prends acte de leurs décisions mais je ne change rien de mes convictions bien sûr ».

Pour autant, René Revol précise avec vigueur : « Et j’en prends acte pour rebondir. Je suis en forme pour faire plein de choses. Je vais continuer. Ce n’est en aucun cas un retrait de la vie politique. Je me retire du conseil municipal, parce que ça me paraît légitime, après ce résultat, de laisser la place à une nouvelle génération, qui sont très capables ». L’ancien maire restera en soutien de cette « nouvelle génération » dont il ne tarit pas d’éloges. « J’ai une équipe extraordinaire avec plein de jeunes gens qui, à mon avis, étaient beaucoup mieux capables que ceux qui ont pris la place, et il faut leur permettre de s’exprimer. Donc je serai avec eux, derrière eux, avec mon expertise et mon expérience, dans le même rassemblement, mais eux assumeront les responsabilités du conseil municipal ».

Un citoyen expert

S’il n’occupera plus de mandat à Grabels, René Revol entend continuer à s’y investir comme il l’a fait par le passé lorsqu’il était président ou vice-président de l’association des parents d’élèves. « Ça fait 35 ans que j’habite dans le village, donc ça signifie que la moitié de mon temps ici, je n’étais pas maire. Je continuerai à être présent en tant que citoyen dans la vie associative, locale, sur tous les sujets nécessaires. Et si le maire en place a besoin d’informations, de connaissances concernant tel ou tel sujet, je suis à sa disposition, mais moi, je reste fidèle à ce groupe d’opposition que je vais soutenir ». 

À lire aussi

Par ailleurs, René Revol a toujours été apprécié et respecté, y compris par les maires de bords différents, au sein de la Métropole de Montpellier, dont il fut vice-président lors des mandats de Philippe Saurel et Michaël Delafosse, en ayant créé et conduit la régie publique de l’eau ou ces derniers mois porté le dossier du CSR. « J’ai acquis des expertises dans différents domaines et j’ai envie de m’investir dans des sujets. J’ai déjà beaucoup de sollicitations, donc j’attends que les choses se précisent dans le domaine de l’eau, parce qu’on a fait beaucoup de choses. À l’échelle du bassin versant Rhône-Méditerranée-Corse, il y a beaucoup de choses intéressantes pour préserver la ressource en eau, auxquelles je peux participer » indique-t-il. S’il ne pourra plus être président de la régie, le poste revenant à un élu, René Revol se tient prêt à toute sollicitation. « Si on me demande de venir, je serai présent à leur côté pour les soutenir. C’est aux instances de décider. Monsieur Delafosse m’a dit, on a besoin de ton expertise, de tes connaissances… Je serai toujours présent, cette fois-ci, comme personnalité qualifiée et non plus comme élu. Ce n’est pas la même chose mais je peux apporter beaucoup ».

Plus de temps pour écrire

En étant libéré de ses obligations à Grabels, René Revol, proche de Jean-Luc Mélenchon, va-t-il s’impliquer davantage au sein de La France Insoumise ? « Là aussi, il faut que les jeunes prennent la place. Je suis quelqu’un de loyal, et j’ai cette sensibilité politique, et au sein de cette sensibilité politique, j’apporte une expérience particulière ». Heureux de voir d’autres insoumis gagner des municipalités, il prodiguera son expérience de gestion d’une commune dont il a témoigné dernièrement dans l’ouvrage « Une autre ville est possible : une expérience municipale ».

À lire aussi

Avec désormais « beaucoup plus de temps qu’avant » comme il en rigole lui-même, René Revol va d’ailleurs pouvoir se consacrer à terminer la suite de « De Lambert à Mélenchon » dans lequel il raconte sa vie politique de 1965 à 1995. Le deuxième tome, qui sortira en septembre, se déroulera de 1995 et 2027, et portera comme titre « Avec Mélenchon ». « J’en ai averti Jean-Luc Mélenchon, qui m’a fait un coup de fil très sympa après la défaite. La compensation, c’est qu’il y a beaucoup d’élus nationaux de la France Insoumise, donc on est très content que la jeune génération arrive » glisse-t-il prêt à passer le flambeau.

Prêt à passer le flambeau certes mais pas à rester sur le côté à ne rien faire. Et de prendre un modèle. « J’avais rencontré Edgar Morin à 97 ans, il en a 104. Il me disait qu’il avait trois bouquins en projet. J’avais trouvé ça extraordinaire. Tant qu’on est vivant, avec les moyens qu’on a, qui sont différents de quelqu’un qui a 20, 40 ou 60 ans, il faut assumer ce qu’on est. Ce n’est pas le même vie mais il faut assumer ce qu’on est. C’est ce que je compte faire maintenant en continuant à m’intéresser à la chose publique ». Battu mais pas abattu, René Revol reste et restera un insoumis… même de la vie.

02/04/2026 à 06:12 par Cédric Nithard