Les conchyliculteurs de l’étang de Thau sont en colère et ils le font savoir, pacifiquement : ils sont touchés économiquement par les conséquences des intempéries et du norovirus, avant les fêtes de la Noël et de la Saint-Sylvestre et depuis les épisodes pluvieux de ces derniers jours, avec cette situation mal vécue qui perdure : en effet, ce mercredi 21 janvier 2026, la préfecture de l’Hérault confirme que les mesures de restrictions concernant la récolte et la commercialisation des huîtres, des moules et des palourdes ordonnées en décembre ne sont toujours pas levées…
La préfète de l’Hérault, Chantal Mauchet est consciente du désarroi de ces professionnels de Thau et elle est allée à leur rencontre : « les conchyliculteurs font face à une crise inédite et mon devoir était d’être à leurs côtés au conseil extraordinaire du Comité régional de la conchyliculture de la Méditerranée -CRCM-ce mardi 20 janvier au siège à Mèze, en répondant favorablement à l’invitation de leur président, le Mézois Patrice Lafont, dont son mandat de quatre s’achève en mars prochain. Les nombreux conchyliculteurs mobilisés ont exprimé leur colère, leur souffrance et leurs craintes quant à l’avenir de la profession. « Ces manifestations doivent se dérouler en respectant l’ordre public, les autorités et élus de la République », prévient la préfète de l’Hérault.
État, Département, Agglo, Région
Chantal Mauchet n’est pas venue les mains vides : elle a tenu à rappeler à l’assemblée « l’engagement de tous les services de l’Etat en soutien à la filière. Des mesures d’urgence ont été annoncées lors de la réunion de crise du 6 janvier dernier et des engagements ont été pris par les élus du territoire : l’exonération de la redevance portuaire, soit environ 120 000€ du Département de l’Hérault; une année blanche concernant la redevance pour le traitement des déchets conchylicoles, soit un volume financier d’environ 1M€ une aide de Sète Agglopôle Méditerranée; la possibilité de solliciter auprès de la DDFIP un étalement des dettes fiscales et sociales, une remise gracieuse de la TFNB, ou encore une réduction de redevances domaniales de culture marine sur 2027 ; un étalement du remboursement des prêts garantis par l’Etat sur quatre ans supplémentaires peut aussi être demandé, mise en oeuvre du dispositif de chômage partiel par la DDETS et du guichet pour l’indemnisation de la crise de la malaïgue de l’été dernier, qui est ouvert à la DDTM. Ces engagements seront tenus ».
La préfète qui a longuement échangé ce mardi à Mèze insiste : « les conchyliculteurs peuvent compter sur ma mobilisation, je suis à leurs côtés dans ce moment difficile, comme je le serai sur les chantiers de plus long terme qui permettront de répondre aux attentes légitimes de la filière. Ainsi, l’Agglomération de Sète prend la décision de supprimer pendant un an la taxe sur les déchets conchylicoles, soit un effort financier d’un million d’euros. De plus l’Agglopôle, aux côtés du Département de l’Hérault et de la Région Occitanie, finance à hauteur de 40 000 euros une campagne de communication, afin de soutenir l’image et la commercialisation des produits issus de la conchyliculture. D’autres dispositifs d’accompagnement et de compensation sont également en cours d’étude.
Une opération dans les canaux de Sète
Des conchyliculteurs de la lagune de Thau, avec en tête le président de la CRCM Patrice Lafont et le maire de Mèze, Thierry Baeza, ont organisé une opération d’inspection des canaux de Sète, ce dimanche 18 janvier, pour dénoncer le rejet des eaux usés. Juchés sur des barques, ils ont découvert des liquides suspects, des matières solides sortant des remous. Patrice Lafont évoque une catastrophe inimaginable en 2026 et assène : « malgré l’inauguration récente de la station d’épuration des Eaux blanches, le traitement des eaux usées reste problématique à Sète ». Le maire de Mèze enfonce le clou : « il va falloir se mettre autour d’une table et que des actions très concrètes soient mises en place, sinon c’est la mort de la profession ».
Lors des épisodes méditerranées de fion 2025, l’Agglomération de Sète a pris des mesures préventives, comme la vidange des bassins de délestement, l’optimisation du fonctionnement des réseaux, une vigilance renforcée sur les équipements d’assainissement, histoire de prévenir d’éventuels dysfonctionnements.
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Objectif : sauver la lagune de Thau. La Région Occitanie se penche également sur cet état des lieux qui met en danger les huîtres, les moules, les palourdes et peut-être les élevages d’oursins: « dans le cadre du contrat de filière, nous mobilisons l’ensemble des leviers pour aider la profession. Des mesures structurelles doivent être accélérées et poursuivies pour prévenir de nouvelle crise, telles que l’amélioration des réseaux d’assainissement et du fluvial, et le développement des réponses de mise à l’abri. Une campagne de communication financée par le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture, le FEAMPA va êtres déployée pour traiter la question du déficit d’image induit par cette nouvelle crise du norovirus », indique t-on au cabinet de la présidente Carole Delga.
Ce mardi, à Mèze, les conchyliculteurs de l’étang de Thau ont constaté que l’État et les collectivités concernées ne sont pas fermés comme des huîtres, reprenant espoir pour que l’interdiction de récolte et de commercialisation soit levée rapidement.

