Municipales à Montpellier : sécurité et prévention, les deux armes du Printemps montpelliérain


Jean-Louis Roumégas, Hélène Qvistgaard et Boris Chenaud ont présenté le programme sécurité du Printemps montpelliérain qui mise sur une politique sécuritaire du quotidien dans tous les quartiers
Jean-Louis Roumégas, Hélène Qvistgaard et Boris Chenaud ont présenté le programme sécurité du Printemps montpelliérain qui mise notamment sur une police municipale de proximité (©Gil Martin/Métropolitain)

Dans le cadre de son pacte de rupture envers la politique du maire PS de Montpellier, le Printemps montpelliérain (qui agrège EELV, l’Après, Générations.S, l’Assemblée des Quartiers, mais aussi Social, Démocratie et Écologie) a dévoilé en détail ce lundi 19 janvier 2026 le volet sécurité de son programme. Si ce thème fait partie des douze grandes mesures de « l’autre » liste de gauche, elle en est l’une des plus importantes.

À lire aussi

« Quel bilan pour Michaël Delafosse ? »

« Quel est le bilan de Michaël Delafosse sur la sécurité ? », attaque Jean-Louis Roumégas, le député EELV tête de liste du Printemps : « Les chiffres de la délinquance et de l’insécurité se sont-ils améliorés ? Je ne crois pas, le sentiment insécuritaire ici n’a jamais été aussi fort… La sécurité, c’est un vrai échec pour l’actuel maire de Montpellier. Le Printemps s’engage à appliquer un programme différent, au plus près des besoins de la population ».

Police municipale de proximité 

Porté par la tête de liste mais également par ses deux colistiers, Boris Chenaud et Hélène Qvistgaard, ce volet toujours clivant de la sécurité propose une version audacieuse, voire même à contre-courant des politiques sécuritaires actuelles puisqu’elle appelle la police municipale à revenir, comme on dit dans le sport, à ses fondamentaux. « La police municipale n’est pas la police nationale et ne doit pas être confondue avec elle dans ses missions… Elle doit être une police de proximité et assurer une présence quotidienne tous les jours dans toute la ville », lance Boris Chenaud.

« La tranquillité publique ne se décrète pas : elle s’obtient par la présence humaine qui doit être assurée par une police municipale clairement positionnée dans ses missions »

Boris Chenaud
colistier du Printemps montpelliérain

La candidat annonce le recrutement d’une centaine de policiers municipaux sur le mandat (de 194 policiers municipaux actuellement à 300) et d’une centaine de médiateurs-médiatrices pour mettre en place cette fameuse police de proximité dont le rôle sera, en amont, d’assurer le calme et le respect sur l’espace public, et d’intervenir si besoin dans le cadre de leurs patrouilles… Les policiers municipaux ne seront pas désarmés, c’est n’importe quoi », précise au passage le candidat pour qui « la tranquillité publique ne se décrète pas : elle s’obtient par la présence humaine qui doit être assurée par une police municipale clairement positionnée dans ses missions ».

Le Printemps montpelliérain prévoit le recrutement d'une centaine de policiers municipaux supplémentaires pour assurer notamment une présence policière de proximité permanente
Le Printemps montpelliérain prévoit le recrutement d’une centaine de policiers municipaux supplémentaires pour assurer notamment une présence policière de proximité permanente (©dr)

Plus de présence et d’humain

Lesquelles, comme le souligne Boris Chenaud, ne consistent pas à servir de supplétifs aux CRS en portant un bouclier ou à la police nationale. « Avec les recrutements d’agents et de médiateurs, nous donnons la priorité à la présence sur le terrain, à l’humain, à la médiation et à la prévention… Il ne s’agit pas de se contenter de jouer les gros bras et le tout répressif, ça ne marche pas. Pour être efficace, il faut occuper le terrain et créer des liens de confiance avec la population… Ce qui n’a pas été fait par la précédente majorité ».

7 quartiers, 7 « antennes »

« Nous prévoyons la création de 7 antennes de quartiers (NDLR : dont les découpages seront bientôt présentés) qui seront ouvertes H24 et 7j/7 », confirme Hélène Qvistgaard, qui ne parle ici pas de « commissariats de quartier », même si c’est bien l’image qui vient en premier : « Ces antennes seront des points de refuge, notamment pour les victimes de violences, mais elles auront aussi la charge d’accueillir et d’orienter le public et permettront d’assurer la coordination locale avec les médiateurs et les autres services municipaux ».

> La promesse : la création d’un observatoire de la sécurité publique pour évaluer l’efficacité des mesures avec les citoyens pour les faire évoluer

Maillage de la ville et patrouilles

Le Printemps veut donc installer un maillage dense de toute la ville pour que l’espace public redevienne un espace sûr pour tous les habitants, où que l’on soit, de jour comme de nuit. Pour cela, le programme prévoit en journée deux équipes permanentes de 3 agents dans chacune des 7 antennes, l’une affectée aux locaux et l’autre en patrouille… et pour la nuit, 3 agents assureront également l’accueil sécurisé des antennes tandis que 5 agents patrouilleront sur deux secteurs mutualisés. « Le dispositif doit notamment permettre des capacités d’intervention plus robustes sur les horaires à risque », souligne Boris Chenaud : « Nous avons veillé à ce que jamais un agent ne soit isolé ».

« Le maire n’a pas besoin de créer la SWAT dans les rues… il faut occuper l’espace et combler le vide »

Hélène Qvistgaard 
colistière du Printemps montpelliérain

« La sécurisation des espaces publics se fera dans la discussion avec les Montpelliérains », reprend Hélène Qvistgaard : « Ils pourront s’appuyer directement sur les médiateurs pour désamorcer les problèmes. L’objectif est clair : la désescalade des conflits d’usage et la prévention… S’ils ne parviennent pas à désamorcer les problèmes, les tensions, ils passeront le relais à la police municipale… Et si cela ne suffit pas, c’est la police nationale qui interviendra ».  

Empêcher les points de deal

Bien entendu, ce n’est pas à ces acteurs de terrain que reviendra le rôle de lutter pied à pied contre les narcotrafiquants : « C’est le rôle de la police nationale », tranche Jean-Louis Roumégas qui estime toutefois que ce dispositif sera quand même très dissuasif. « En tant que député, je prends exemple sur le quartier de Montpellier Village, où les dealers sont toujours au même endroit, écoutent la musique très fort et affichent les prix de la drogue… Avec ce dispositif, ils ne pourront plus le faire car la présence permanente de la police municipale l’empêchera ».

Le retour des concierges et des gardiens de parcs

Pour compléter ce volet sécurité, le Printemps promet également la création de postes de gardiens d’immeuble et de concierges, en lien avec les bailleurs sociaux, mais aussi de gardiens de parcs et espaces verts. « Il s’agit, là encore, d’instaurer une possibilité de dialogue pour éviter les conflits et assurer la surveillance et donc la tranquillité de l’espace public », rappelle Boris Chenaud qui poursuit, vindicatif : « La Ville a créé une milice pour assurer la tranquillité dans le parc locatif social, mais les habitants sont-ils réellement sécurisés quand ils voient arriver des vigiles, une milice sensée faire régner l’ordre ? Nous proposons une autre vision de la sécurité différente qui se base, de prime abord, sur le contact et l’échange permanent avec les habitants et la présence humaine incarnée par la police municipale et les médiateurs ».

« Pas besoin de la Swat »

Le mot de la fin pour Hélène Qvistgaard : « Le futur maire de Montpellier n’a pas besoin de créer la Swat dans les rues de la ville. La sécurité et la tranquillité publique peuvent se construire dans la politique du quotidien avec les Montpelliérains. Pour lutter contre les abus sur la place publique, il faut occuper l’espace et combler le vide : c’est ce que nous allons faire ».

21/01/2026 à 11:28 par Gil Martin