Municipales à Montpellier : Michaël Delafosse prône crédibilité et sérieux dans la campagne


Michaël Delafosse, candidat à un deuxième mandat.
Michaël Delafosse, candidat à un deuxième mandat. (©CN / Métropolitain)

Après avoir offert au quotidien régional ce week-end la primeur de son annonce de candidature à un deuxième mandat comme maire de Montpellier, Michaël Delafosse a rencontré une partie de la presse locale, ce lundi matin. Délaissant l’écharpe tricolore quelques heures, le candidat est revenu longuement sur la campagne qu’il débute. Sans surprise, le sérieux prévaut autant que les propositions comme un argument auprès des électeurs. Confiant dans son bilan, balayant les critiques et se méfiant autant sur sa gauche que sur sa droite d’où les attaques pleuvent, le socialiste repart au combat. « J’ai un cap pour la ville : une ville plus solidaire, plus écologique, innovante et fraternelle. Un cap, c’est donner une vision, un chemin » annonce-t-il. Son rassemblement de la gauche et des écologistes attendait un capitaine, c’est un guide qui se présente à eux. Les Montpelliérains l’avaient suivi en 2020. Après l’exercice du mandat, le suivront-ils à nouveau ?

La décision

« J’ai pris du temps pour mûrir ma décision. Je ne m’en cache pas, nous avons eu une discussion avec ma famille. C’est un immense honneur d’être maire de Montpellier, mais la fonction vous change. J’ai découvert un compagnonnage avec la mort. Il y a la complexité juridique sur laquelle se pose l’action. Aujourd’hui, je m’engage avec beaucoup plus d’expériences et de solidité et la conviction qu’il faut poursuivre la transformation de Montpellier avec des enjeux à l’échelle de la ville et du grand territoire ».

Les sondages

« J’ai lu avec intérêt les sondages et je les ai plus vus comme un élément de satisfaction de l’action que j’avais accomplie. J’ai fait une campagne en 2020 où je n’étais pas favori des sondages. Une campagne c’est un moment démocratique, d’échanges avec les Montpelliérains et les Montpelliéraines sur les grands enjeux de la ville. Cette question des sondages n’est pas importante. Si j’écoutais les sondages, on dirait que c’est plié. Ce ne serait pas sérieux« .

À lire aussi

La campagne

« La campagne parait moins prenante, plus courte… Moi, je fais une campagne sur les idées. J’appelle à une campagne digne sur les projets pour les Montpelliérains, sur les enjeux pour notre ville. Je ne rentrerai pas et je n’ai pas de temps à perdre avec les polémiques. Comme je l’ai fait la dernière fois, on ne fait pas de politique à coup de slogans. Le débat démocratique, c’est des propositions et on explique pourquoi on n’est pas d’accord. Il faut du sérieux. La manière dont on fait campagne dit la manière dont on exerce les responsabilités ».

« Chacun est libre et je vois bien les attaques contre l’action qui est conduite. Moi, je vais faire une campagne pour, de projets, de vision pour la ville, sur les grands enjeux et les défis du monde. Je le fais avec la force d’avoir tenu les engagements qui étaient les miens et de l’expérience que j’ai acquise dans l’exercice de la fonction de maire. Après, on voit bien des mouvements. Le RN a un agenda, celui de l’élection présidentielle et il n’a jamais été aussi proche du pouvoir. C’est pourquoi, j’invite les hommes et les femmes de gauche, les républicains authentiques et sincères à me soutenir dès le premier tour. Cette élection est aussi un message dans un agenda démocratique très structuré par l’extrême droite ».

« La crédibilité va beaucoup compter dans cette campagne. Elle sera aussi un des marqueurs. Je suis devenu maire parce que beaucoup avaient identifié cette question de la crédibilité. Crédibilité des propositions, crédibilité des engagements, crédibilité des parcours… Et il faut la connaître et l’aimer la ville ».

Le Rassemblement National

« Il faut par tous les moyens empêcher l’extrême droite de prendre de la force. Je vois qu’aujourd’hui, elle, elle est très organisée. Quand je vois que M. Sanchez quitte Beaucaire pour aller à Nîmes, que Mme Lavalette se positionne à Toulon, que Mme Jamet, une des figures extrêmement solide de l’extrême droite, revient à Montpellier… Il y a une stratégie avec la presse et un agenda donc, ces élections municipales, si elles ont une part de nationalisation, elle est là. L’extrême droite prépare son marche-pied pour la présidentielle et ne néglige aucun des territoires donc j’invite la gauche à se mobiliser et à se rassembler. Je remercie ainsi les neuf formations politiques de la gauche, et ceux qui ont fait le choix de se mettre en rupture en pensant notamment à des figures parmi les plus emblématiques de l’écologie à Montpellier comme Marie Massart, de s’unir car c’est une réalité. Tout le monde va regarder ce qu’il se joue, car l’extrême droite peut obtenir partout des victoires et partout où ils font un score ils obtiennent des gains. Ils ne sont pas là pour témoigner mais pour conquérir un marche-pied vers le pouvoir national. Je le dis avec force : ils portent un message de replis quand je porte un message de fraternité ».

À lire aussi

« Je vais m’engager aux côtés de maires ou de candidats de communes dans la métropole. Il y a un moment où il faut avoir une forme de lucidité et donner de la force à la gauche républicaine face à l’extrême droite. Dans la métropole de Montpellier et dans le département de l’Hérault, ils ont un agenda et sont organisés. Ils sentent qu’ils ont la dynamique, parce que pendant ce temps d’autres bavardent. Moi, je travaille et, par exemple, je ne laisse pas de côté les questions de sécurité, parce que je sais qu’elles sont une préoccupation majeure pour nos concitoyens, et je ne laisse pas, avec des mesures comme la gratuité des transports, dans les situations de vulnérabilité nos concitoyens qui peinent à vivre de leur travail. Nous avons des réponses à apporter face à l’extrême droite« . 

Mohed Altrad

« Il a été candidat en 2020, s’est uni avec La France Insoumise pour me battre et il a perdu. Il a ensuite refusé de siéger dans le conseil municipal. Je crois que M. Altrad est assez emblématique de ce mouvement de milliardaires, comme M. Musk, M. Bolloré, M. Kretinsky et d’autres, qui s’ingèrent, avec leurs propres agendas, dans la démocratie sans en respecter les valeurs et les combats. M. Altrad défendra ses idées, mais je ne l’ai jamais vu à une cérémonie mémorielle, je ne l’ai jamais vu au conseil municipal… C’est un homme qui a une fortune colossale, acquise à sa manière, mais, comme d’autres, il cherche à s’ingérer dans la vie démocratique. Montpellier est une ville extraordinaire mais elle n’est pas à l’abri des soubresauts du monde ».

À lire aussi

Nathalie Oziol et La France Insoumise

« Avec Nathalie Oziol, la rupture est totale. J’ai du respect pour les personnes qui peuvent voter pour La France Insoumise. J’ai des copains qui m’ont dit que nationalement il faudrait être plus à gauche… Des syndicalistes, des personnes très respectables s’engagent à leurs côtés… Mais, Mme Oziol, en cinq ans, elle a mis plus d’énergie à critiquer l’action que j’ai mené dans la lutte contre les marchands de sommeil, quand on résorbait le bidonville de Celleneuve, quand l’extrême droite déployait des banderoles, quand on a mis en place la gratuité des transports… En permanence son adversaire, son ennemi, a été la majorité de gauche en responsabilité à Montpellier. Et j’observe, avec beaucoup de malice, que maintenant sur la gratuité des transports, La France Insoumise cite Montpellier dans son programme national pour les municipales ».

À lire aussi

« J’ai un désaccord de fond avec Mme Oziol qui veut désarmer la police. Nous, nous souhaitons qu’elle conserve son armement, car nos policiers sont menacés. Si jamais par malheur ils étaient en situation de danger extrême, ils doivent pouvoir se défendre. Mme Oziol veut débrancher les caméras de vidéosurveillance, je souhaite continuer son déploiement ».

Il y a une manière de mener le débat démocratique. Je le dis de manière très tranquille, le rôle d’un responsable politique c’est d’entendre les colères et d’agir pour résorber ces colères. Ce n’est pas de les instrumentaliser. Le spectacle qui est parfois donné à voir à l’Assemblée nationale est absolument détestable. Notre pays a besoin d’être rassemblé, d’obtenir des résultats… comme j’essaye de le faire à Montpellier. 

Michaël Delafosse
sur La France Insoumise

« Je suis ensuite avec Mme Oziol en désaccord absolu sur les procès qu’elle m’intente sur la laïcité. J’ai dénommé une école Samuel Paty et elle m’a reproché, sur un média communautariste, d’avoir dit que Samuel Paty avait été tué par un fanatique islamique comme ici la Saint-Barthélémy par des fanatiques catholiques. Elle, elle dit que c’est parce qu’il y a un manque de moyens dans l’éducation nationale. Je m’excuse mais, comme disait l’excellent Albert Camus, mal nommer les choses c’est ajouter aux malheurs du monde. Donc m’attaquer sur les positions qui sont les miennes en faveur de la laïcité, ce n’est pas possible. Et je pense que la gauche doit se réapproprier avec clarté la valeur de laïcité et ne pas laisser l’extrême droit laisser utiliser ce terme car elle en fait un glaive contre une partie de nos concitoyens et en particulier ceux de confession musulmane. Nous voyons le retour du religieux partout sur la planète donc je pense que l’on a besoin de la laïcité ».

Michaël Delafosse
Michaël Delafosse balaye la démagogie des autres candidats. (©CN / Métropolitain)

La dette

« Cette accusation est très étrange. Quand je suis arrivé il y avait une dette et, d’ailleurs, il y a toujours le remboursement de la dette de la ligne 1 de tramway. Oui, j’ai fait la 5e ligne de tramway et la connexion de la ligne 1 avec la gare Sud de France, donc nous nous sommes endettés pour financer des infrastructures qui sont là pour les cinquante prochaines années. C’est donc tout à fait normal, nous avons assumé les investissements et il n’y a pas de dette en fonctionnement. D’ailleurs, la capacité d’autofinancement de la Métropole s’améliore dont l’épargne nette n’est pas négative contrairement à d’autres grandes métropoles. En rappelant qu’il y a eu le choc énergétique, j’ai appliqué une grande politique de sobriété et d’économies. Le président de la commission des finances M. Guiseppin, qui n’est pas de ma sensibilité a fait une déclaration au dernier conseil de métropole dans lequel il indique que l’endettement commence à diminuer. Il était à 12,3 années et passe à 11,9 quand, à la Ville, il est de 6,4 années. Beaucoup de territoires aimeraient avoir ces résultats. Nous sommes très serein mais j’ai lu des déclarations de candidats qui conduiront à l’explosion des dépenses de fonctionnement ».

Le CSR

« Mon avis est celui du conseil de Métropole et de l’ensemble des maires qui ont dit que nous ne pouvions plus être la seule métropole de France qui n’a pas de solution pour traiter ses déchets. Je rappelle que nous les exportons et que plus personne n’en veut. Si nous continuons à les exporter cela va coûter beaucoup plus cher et les habitants de la métropole auront une facture beaucoup plus élevée. Et pas de 5 ou 6€ par mois… Si nous ne faisons rien cela va littéralement exploser. Donc nous, on a trouvé une solution proposée et soutenue financièrement par l’ADEME et adoptée par tous les pays de l’Europe du Nord »

Le président de la Métropole est responsable des déchets. Si nous continuons à les exporter, nous allons à la catastrophe financière. J’observe que les maires écologistes, que je soutiens, de Lyon ou de Bordeaux n’ont pas fermé leurs incinérateurs qui datent des années 70. D’ailleurs, avec le CSR on ne fait pas un incinérateur, on fait une chaudière.

Michaël Delafosse
sur le CSR.

« Il y aura une enquête publique et chacun pourra donner son avis bien sûr. Mais ceux qui veulent ajourner ce projet, et dont certains sont très mal placés, devraient d’abord dire leurs solutions. J’ai vu un candidat, celui qui a défendu la méthanisation à l’époque, qui voulait ouvrir une décharge. Qu’il dise où. Un autre a dit qu’il fallait faire un incinérateur quelque part. Qu’il dise où. Moi je dis, transformation en CSR de l’usine Ametyst avec les financements et le soutien de l’ADEME. Cette entité permettra au demeurant de chauffer 20 000 foyers et de baisser leur facture d’énergie de 10%. Et, une fois qu’elle sera en service nous pourrons baisser la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères de 10%. En parallèle, nous allons continuer à développer le compost et les points d’apport volontaires. Afin d’enlever du verre des bacs gris, on proposera que les gens qui rapportent du verre aient des bons d’achat chez nos commerçants. Et, comme on a fait à Grabels, on va construire quatre grands centres de tri avec des ressourceries« .

À lire aussi

« Je ne peux pas être le maire qui a fait des choix de rupture pour réduire la pollution comme je l’ai fait en renversant la table et en faisant vivre aux gens des choses difficiles, et j’en suis parfaitement conscient, et choisir une solution qui irait à contre-sens. La technologie CSR est utilisée dans des pays qui sont bien plus engagés sur la question écologique que le nôtre comme nos amis danois, suédois… ».

Les travaux

« J’ai assumé de faire deux mandats en un pour rattraper notre retard et assumer les enjeux liés à la transition écologique. Et finalement, j’ai résorbé la dette grise, ces fuites d’eau des canalisations, le remplacement des rails du tramway pour sécuriser le réseau… je n’ai pas mis la poussière sous le tapis sur aucun sujet. Évidemment, maintenant ce n’est pas deux mandats en un, c’est un mandat d’investissement pour un mandat mais Montpellier ne connaîtra pas pareilles phases de travaux avant 20 ou 25 ans. On sera maintenant sur un rythme normal mais, je le dis, je veux poursuivre l’ambition transformatrice pour Montpellier ».

Durant ce mandat, je n’ai pas pu tout faire mais j’ai tracé des chemins de méthode et de volontarisme.

Michaël Delafosse
Michaël Delafosse
Michaël Delafosse mise sur la rigueur et le sérieux des propositions. (©CN / Métropolitain)

Les mobilités

« Pour répondre à la question écologique, il faut continuer à développer l’offre de transport en commun. Le tramway doit sortir des frontières de la métropole mais pas en construisant une 6e ligne« . Si Michaël Delafosse confire ainsi qu’il s’agira d’extension, il ne précise pas si la promesse sera d’amener le tram à la mer. L’ambition est également de mener à terme la réalisation des cinq lignes de bus à haut niveau de service dont au final une seule, dont l’achèvement de la portion finale a été programmée, n’aura vu le jour durant ce mandat.

Les piétons

« On s’est beaucoup occupé du vélo, maintenant on va s’occuper des trottoirs et de la marchabilité à Montpellier. La question du déplacement à pied est un facteur santé donc il faut que les enfants puissent aller à pied à l’école ou au collège, que nos personnes âges puissent se déplacer en sécurité. Montpellier est la ville de la médecine mais on doit devenir la ville de la santé globale. On sait très bien soigner à l’ICM, au CHU, avec nos médecins… mais cela doit être une ville où on doit être en bonne santé d’où les enjeux autour de la pratique du sport, la marchabilité de la ville… »

Après le plan 50 000 arbres, nous passerons à un grand plan de désimpermabilisation et de végétalisation pour créer une proximité de tout un chacun avec la nature.

Michaël Delafosse

« Nous allons continuer sur la sécurisation autour des écoles. Et c’est un projet. Nous devons travailler à faire des rues à hauteur d’enfants, à travailler sur les cheminements piétons et cyclables pour que les enfants finalement vivent la France d’avant, celle de Robert Doisneau où nous allions à pied à l’école, celle où l’imaginaire des enfants est au rendez-vous et où les parents se retrouvent en sécurité aux abords des écoles ».

À lire aussi

Le développement économique

« Ce sera un axe fort de ma campagne. J’ai la volonté de créer 30 000 emplois car je ne me résigne pas à ce que les jeunes dans les quartiers soient au chômage ou que des jeunes soient obligés de quitter Montpellier pour trouver du travail. Cela ne peut pas se faire que par la commune de Montpellier, cela se fait par la Métropole et aussi dans la relation avec les territoires voisins en travaillant ensemble. Nous ne devons pas nous résoudre à ce que le feu Languedoc-Roussillon reste ce territoire de grande fragilité sociale. Nous devons continuer à nous mobiliser.

« Il y a un enjeu très important autour des coopérations. Cela a d’ailleurs été un des grands enseignements de mon mandat que ces liens noués avec Sète, Lunel, Gignac, la Vallée de l’Hérault… L’enjeu du mandat à venir est d’amplifier ces complémentarités au service du développement économique et des mobilités. Il faut bien sûr agir dans nos compétences, mais il faut surtout agir en fonction des défis qui nous sont proposés et il faut savoir mobiliser toutes les compétences et les responsabilités présentes sur le territoire. Ce n’est pas être dans le Yakafokon mais c’est créer un chemin pour améliorer les choses. J’ai mes convictions, je suis un homme de gauche et fidèle à ma famille politique, mais j’essaye de travailler avec les gens même s’ils ne sont pas de mon bord pour essayer d’avancer ensemble. D’ailleurs nos concitoyens sont fatigués par ces clivages et ils sont en colère contre les impuissances que l’on voit nationalement avec une France sans cap ni vision. Ici, il faut dire une vision, un cap et travaillons ensemble ».

Le logement

« Il y a aujourd’hui un enjeu très important. Nous devons construire un plan anti-solitude. Nous devons être davantage aux côtés de nos aînés et je proposerai un plan de résidence sociale pour nos seniors ».

À lire aussi

« La question du logement occupera un pan important de la campagne. Nous n’irons pas avec des formulations démagogiques et en contradiction avec les objectifs de réduction de l’artificialisation des sols. Je ferai des propositions très fortes, solides et rigoureuses. C’est aujourd’hui un thème majeur pour nos concitoyens. Le logement dévore la feuille de paye et le pouvoir d’achat ». Rappelant la mise en place de la régulation des locations type Airbnb, l’encadrement des loyers, la lutte contres les marchands de sommeil… Michaël Delafosse poursuivra dans ce sens avec notamment une proposition pour, à la manière du dispositif BRS, accompagner les Montpelliérains dans l’accession à la propriété d’un logement qu’il soit dans le parc public ou privé.

Les quartiers

« Je me suis beaucoup occupé des places du centre-ville pour l’embellir mais, aujourd’hui, il faut que je porte une grande attention sur les quartiers. Je pense aux places et aux espaces publics de nos quartiers qui créent du lien et font du bien comme on l’a fait place Renaudel à Celleneuve, place Émile-Combe ou au Plan des 4 Seigneurs ». 

À lire aussi

« Nous poursuivrons la rénovation urbaine de la Mosson, où nous démolirons Font Del Rey, et des Cévennes, où l’arche sera démolie. Et, je l’ai toujours dit aux habitants, nous allons attaquer la rénovation de Saint-Martin et en particulier du centre commercial. Je suis assez fier d’être le maire qui a offert à quasiment tous les quartiers dits QPV l’accès à une ligne de tramway mais nous devons poursuivre cette attention pour ces personnes qui aspirent à une vie digne ».

Michaël Delafosse
Après avoir fait beaucoup pour le centre-ville, Michaël Delafosse entend se pencher sur les quartiers. (©CN / Métropolitain)

Ouverture des bars

« Il y a quand même une vie à Montpellier. Les inquisiteurs aux petits pieds feraient bien de saluer tout ce que l’on fait déjà. Je ne veux pas d’un centre-ville Airbnb mais d’un centre-ville où les familles et les personnes âgées puissent vivre. Je suis attentif à cet équilibre. Certains candidats veulent ouvrir les bars jusqu’à 3h du matin. Qu’ils le fassent et ils verront que cela posera des problèmes de sécurité et qu’une partie des gens quitteront Montpellier. On se retrouvera avec un centre-ville qu’avec des cadenas d’Airbnb. Si vous voulez que votre centre-ville ressemble à celui d’Aix-en-Provence ou de Barcelone, faites-le« .

Les épiceries de nuit

« Sur le commerce, c’est très clair, notre proposition sera de doter le territoire d’une foncière commerciale et pouvoir ainsi mieux maîtriser les baux. Je mets une énergie et, disons le, un courage conséquent, et vous pouvez voir les campagnes dégueulasses que je subis et les menaces que je reçois, sur la question du commerce et des équilibres commerciaux ».

À lire aussi

« Il y a bien sûr des gens qui ont un commerce et sont extrêmement sérieux. Il n’y aucun problème dans ce cas. Mais quand on constate la vente illégale de tabac qui déstabilise nos buralistes, quand on voit comment des commerçants travaillent dur et qu’ils sont concurrencés par des gens ouverts 24h/24 sans le moindre client, quand vous voyez de grosses berlines et que c’est le visage du narcotrafic… on ferait mieux de soutenir le courage du maire plutôt que nous expliquer que tout va bien madame la marquise. J’ai tiré les enseignements. Il y a eu trois règlements de compte liés à des épiceries de nuit. J’ai rencontré les habitants de Saint-Martin et ils ont besoin de réponses, d’autorité, de fermeté ».

Qu’il y ait quelques commerces de nuit à Montpellier, je le comprends tout à fait. Mais qu’il y en ait plus de 200, ce phénomène interroge. Et il interroge tous les maires de France. Je n’ai pas envie que Montpellier ressemble à Grenoble avec ce quai rempli de pizzéria dont personne ne comprend ce qu’elles font là. Je suis du côté des Montpelliérains et pour la fermeté sur ce sujet.

Michaël Delafosse
Sur les épiceries de nuit

« Mais quelle pantalonnade que ce candidat du RN qui explique qu’il faut défendre les épiceries de nuit. Je le laisse à sa démagogie et à son incompétence, doublée de son incompétence. Je veux que l’on renforce le pouvoir des maires. Les maires ont le droit de dire si on peut ou non ouvrir des grandes surfaces en périphérie mais on laisse des commerces ouvrir 24h/24. Vous croyez que les commerçants et les artisans comprennent ce qu’il se passe ? Je laisse les candidats à leur démagogie mais ils se grandiraient en disant qu’ils soutiennent le courage de notre action sur les épiceries de nuit. Peut-être dois-je y voir la mise en garde du président de la commission nationale des comptes de campagne qui a dit que la principale menace pour les municipales était les réseaux du narcotrafic qui approcherait des candidats. D’être maire m’a donné énormément d’expérience et de voir des choses que je ne soupçonnais pas. Ces réalités m’habitent et je laisserai les outrances et les populistes qui continuent déclamer leur bêtise. Sur la question des épiceries de nuit, je n’oublierai jamais les applaudissements et les remerciements des riverains de la rue de Las Sorbes ». 

Les cantines

« Je continuerai à défendre la tarification sociale de la cantine et surtout en portant l’exigence majeure de la qualité des repas. À l’heure où la présidente de la commission européenne a signé l’accord du Mercosur, avec Marie Massart nous continuerons à nous battre pour que les produits viennent de Mauguio, que les poissons viennent de la pêcherie de Sète et Agde, que le riz vienne de Camargue… Je serai un maire qui défendra les agriculteurs français« .

Le local de campagne de Michaël Delafosse sera inauguré ce samedi 24 janvier à 15h.
Le local de campagne de Michaël Delafosse sera inauguré ce samedi 24 janvier à 15h. (©CN / Métropolitain)

La future équipe

La liste et les colistiers seront présentés ultérieurement. Michaël Delafosse annonce déjà : « Je vais reconduire des gens car il faut de l’expérience pour mieux servir Montpellier encore. Il y aura des visages qui par leur parcours ou leur engagement dans la ville veulent s’impliquer. Il y a bien sûr le maire mais c’est surtout une équipe. Dans les enseignements de mon mandat, la question de l’équipe est très importante. D’immenses enjeux attendent le territoire ».

Je serai très clair. La liste que je présente au premier tour sera celle que je présenterai au second tour.

Michaël Delafosse

Ambition politique

« On m’a proposé d’entrer au gouvernement de la République et dans des fonctions les plus prestigieuses comme ministre de la Culture ou ministre de l’Éducation. Je fais les choses en conviction. Mon amour et mon engagement sont pour Montpellier mais je ne me suis jamais désintéressé du débat national et d’ailleurs ma voix porte aujourd’hui dans ce débat national sur les questions de sécurité, de culture, de gratuité du transporte, de logement… Je dis les choses de manière très forte et je suis très repéré. Je continuerai à défendre les idées mais je ne change pas ».

À lire aussi

Le programme

Quelques thématiques principales ont donc été annoncées durant cette rencontre. Des thématiques qui seront détaillées dans les semaines à venir lors de conférences de presse tous les lundis à 11h. Prochain rendez-vous avec, ce que le socialiste présente comme « le coeur de ce qui fait mon identité politique : le pouvoir d’achat et le pouvoir de vivre », suivront le logement, les mobilités, l’aménagement… « Ce sera très sérieux et très soutenu. L’enjeu est de bien poser les engagements pour l’avenir » prévient Michaël Delafosse à l’adresse des journalistes et des autres candidats. Le programme complet, un document d’une vingtaine de pages, sera ensuite envoyé aux Montpelliérains le mois prochain.

Prochains rendez-vous

Outre les rencontres avec la presse, Michaël Delafosse adresse une lettre à tous les Montpelliérains présentant « des éléments de bilan et de prospective ». Celle-ci sera distribuée dans les boîtes aux lettres par des militants dans les prochains jour. Un premier meeting se tiendra ce jeudi 22 janvier à 19h au Rockstore. Une salle choisit pour trois raisons. « C’est un lieu qui montre que la politique peut changer les choses » souligne Michaël Delafosse en rappelant que, alors adjoint à la culture d’Hélène Mandroux, la Ville avait acheté les murs pour éviter la fermeture de l’établissement. Un lieu qui témoigne ainsi de « son engagement pour la culture » comme deuxième raison et, tout simplement, car « c’est une salle de 800 places donc on peut accueillir du monde ». Ensuite, samedi 24 janvier à 15h, l’équipe de campagne inaugurera sa permanence sur l’avenue de l’aéroport international, à quelques mètres de là où était celle de 2020. « Ce n’est pas juste un lieu de gestion logistique de l’équipe mais un lieu de rencontre ouvert sur la ville » présente Michaël Delafosse qui par ailleurs n’entend pas échapper aux futurs débats, en fonction de son agenda mais sinon sera représenté, avec les autres candidats. Comme beaucoup l’attendaient, avec l’entrée en lice du maire sortant, la campagne démarre désormais pleinement.

19/01/2026 à 19:28 par Cédric Nithard