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Metropolitainfr

Danse : l’Héritage d’Hamid El Kabouss


Le chorégraphe montpelliérain présentait les 20 et 21 mars au théâtre Jean Vilar sa nouvelle création Héritage.

Hamid El Kabouss s’intéresse toujours autant aux croisements. Mais le mélange des genres n’est pas ici une coquetterie, il est fondamental. Car c’est le trafic des influences qui a donné naissance à la culture dont se revendique le chorégraphe marocain, le hip hop. La naissance, dans le  dans la seconde moitié des années 70, dans le quartier du South Bronx à New York, aux confluents des influences jamaïcaines, afro-américaines et portoricaines, de la culture hip hop – qui englobe notamment la danse et la musique avec le rap – a nourri l’envie chez Hamid El Kabouss de rendre hommage aux racines de sa discipline.

Bouillon de culture

L’énergie et la technicité de la danse hip hop restent aux vestiaires dans Héritage, tout comme les danseurs habituels de la compagnie MimH. Sur le plateau, El Kabouss leur a préféré quatre danseurs circassiens. Ce casting exogène permet de développer un univers et une théâtralité que l’on avait déjà timidement entr’aperçus dans La Boîte à Joujoux, précédente création revisitant Debussy sur des phases hip hop. Mais avec Héritage, El Kabouss pousse définitivement la porte de l’œuvre expressive.

Cette dernière création, parce qu’elle décompose les mouvements de danse hip hop en les ramenant à leurs esquisses embryonnaires, s’intéresse à l’invisible, à ce qui se transmet sans se voir ou s’en apercevoir. Par clins d’œil, Hamid El Kabouss rend ainsi hommage aux danses qui ont influencé les différents styles hip hop, de la salsa à la danse classique.

Une musique signée Maalouf

La musique tient une place importante dans le travail de création chorégraphique d’Hamid El Kabouss et avec cette pièce, c’est Ibrahim Maalouf, le trompettiste libanais qui lui sert de bande son et abonde également dans le sens du propos, puisque le parcours du musicien fait également écho à l’Héritage des influences. Formé à la trompette classique, Maalouf s’en est émancipé pour forger son style, entre jazz, musique classique et inspiration orientale. « Ce qui m’intéresse c’est d’exprimer comment les traditions ou les formes dites “classiques” peuvent donner naissance à de la “modernité”. La musique d’Ibrahim Maalouf est parfaite pour cela », explique le chorégraphe originaire de Casablanca, installé à Montpellier depuis plus de dix ans.

> Héritage a été co-produit par Montpellier Danse et le Cratère d’Alès et accueilli par la Ville de Montpellier. + d’infos : site internet Compagnie MimH

24/03/2019 à 17:02 par Arnaud Boularand