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Metropolitainfr

Montpellier Handball. Patrice Canayer : « Les joueurs peuvent être fiers du travail effectué »

06/06/2019 à 12:15

Pour ce dernier rendez-vous de la saison, le Montpellier Handball reçoit Pontault-Combault. Face à une équipe déjà condamnée à la descente, les Montpelliérains, qui pourront compter sur la présence de Diego Simonet, voudront finir en beauté ce championnat conclu à la deuxième place et une nouvelle qualification en Ligue des Champions.

La soirée sera également l’occasion de saluer sept joueurs quittant le club. Si la fin de la saison a été parfois compliquée humainement, Patrice Canayer salue le professionnalisme dont a fait preuve ses joueurs. Si le manager général est impatient de souffler, il se projette déjà sur la saison prochaine avec le début d’un nouveau cycle.

Cette soirée sera t-elle particulière ?

« Oui par nature. Mais il faut essayer de mettre les choses dans l’ordre. Il y a un match de championnat à jouer. On s’était donné comme objectif de finir à la deuxième place et d’essayer de marquer le plus de points possibles afin de réaliser la meilleure saison possible. Depuis un mois et demi, on a fait beaucoup d’efforts. Les joueurs ont fait beaucoup d’effort de mobilisation. On se bat souvent pour des titres donc se battre pour la deuxième place c’est des fois un peu plus compliqué. On est très heureux d’avoir trouver la force d’aller chercher cette deuxième place dans un contexte qui était difficile car on jouait des adversaires de très bon niveau.

Nous avons la volonté de prendre deux points supplémentaires ce qui nous amènerait à 43 points soit 2 points de moins que la saison dernière. Ce serait une très belle performance. Après, c’est le dernier match de la saison. C’est toujours un moment délicat d’émotions. On clôture une page annuelle mais c’est une page qui se tourne aussi pour ceux qui partent. C’est un moment qu’il faut essayer de bien réussir d’autant qu’il n’y a pas une grosse pression sportive. »

Considérez-vous que l’équipe est à la fin d’un cycle et qu’un nouveau va débuter ou est-ce une étape intermédiaire ?

« Il y a trois entités qui constituent l’ossature d’un club : le joueur, l’équipe et le club. Le joueur, par nature dans le sport professionnel, pense à lui. C’est une démarche individuelle qui est logique et normale dans le sport. Après, il y a l’équipe, c’est le groupe que tu constitues pour porter tes objectifs et aller le plus loin possible dans la compétition. Et après, il y a le club qui est au-dessus. Les joueurs partent et arrivent, c’est la vie du sport professionnel. Les équipes ont des cycles de vie que l’on sent. Le club, lui, est dans la pérennité. Ce qui est important, c’est de trouver des liens.

L’équipe nous est apparue en fin de cycle pour diverses raisons et on a donc décidé de la régénérer de manière un peu plus importante que ce que l’on a l’habitude de faire. Mais cela suit une année où on avait peut-être pas suffisamment régénéré l’équipe. À la suite du titre européen, on a eu très peu de changement, peut-être pas assez. Là, il y avait une nécessité à vraiment opérer un vrai cycle de rajeunissement.

C’est important de dire que c’est lié à la fois aux joueurs, et à l’appréciation que l’on en a, mais également, ce qu’il ne faut pas occulter dans le sport professionnel, au paramètre financier. Il faut être conscient d’une chose : Montpellier dispose d’un budget intéressant mais on est loin d’être le plus gros budget. À un moment donné, on est obligé de construire la meilleure équipe dans un contexte budgétaire stable. L’un des objectifs majeurs que l’on s’est assigné avec les propriétaires du club, c’est d’avoir des finances équilibrées et saines. On est donc obligé, et c’est très bien comme ça, de travailler dans la raison. Je connais la volonté de tout le monde qui serait de conserver tout le monde, de recruter des nouveaux joueurs et pour les joueurs d’avoir des revalorisations contractuelles. Mais ça, on ne peut pas le faire. On est obligé de faire des choix sportifs qui sont aussi financiers. »

Ce dernier match de la saison sera l’occasion de plusieurs hommages. Tout d’abord avec le coup d’envoi fictif donné par le président Serge Granger qui a souhaité passer la main pour se consacrer à des projets personnels et professionnels. À la mi-temps, les joueuses de handball de Lattes viendront présenter la coupe de France remportée il y a une quinzaine de jours. Et enfin au coup de sifflet final, aux sept joueurs qui ne porteront plus le maillot montpelliérain : Vincent Gérard, Vid Katvicnik, Baptiste Bonnefond, Théophile Caussé, Jean-Loup Faustin, Mohamed Mamdouh et Michaël Guigou. Arnaud Bingo, parti en janvier au Sporting Portugal, sera également présent.

Plusieurs joueurs participeront à leur dernier match demain. Cela change t-il quelque chose ?

« Je ferai exactement comme je fais d’habitude. Il y aura un entraînement demain matin (ndlr : jeudi). Ce matin (ndlr : mercredi), vous avez pu voir que nous nous sommes entraînés normalement. Le professionnalisme, c’est le soucis du détail et de faire tout très bien. Jusqu’au bout nous ferons tout très bien. Je donnerai la composition d’équipe jeudi à 11h  et on va mettre tout en œuvre pour que l’on passe une bonne soirée et que l’on gagne le match contre Pontault-Combault. »

Sept joueurs quittent Montpellier, c’est la première fois au club qu’il y autant de départ.

« Cela fait beaucoup mais il faut le prendre en pourcentage. Nous avions un effectif très important de 19 joueurs cette année. C’est vrai que traditionnellement à Montpellier nous travaillons sur du renouvellement progressif. Cela n’a pas été le cas pour plusieurs raisons et beaucoup parce que l’année dernière il y a eu très peu de turn-over. On a aussi des joueurs qui arrivent à un certain âge. Et on aussi l’éclosion de jeunes joueurs qui étaient très demandés par de nombreux clubs européens. Si on voulait les garder, il fallait revoir leurs conditions financières. C’est très simple et très clair. À un moment donné vous êtes obligé de recalculer le découpage financier que vous avez dans votre club et cela vous amène à faire un certain nombre de choix. Et donc cette année cela nous est apparu être le bon moment pour prendre un certain nombre de décisions pour reconstruire une équipe pour avoir un cycle de vie sur 3-4 ans. Et je pense que le groupe que l’on est en train de reconstruire devrait pouvoir avoir cette durée de vie. Maintenant, dans le sport professionnel, il y a ce que vous prévoyez et la réalité. »

Le club travaille t-il toujours sur le recrutement ou est-ce bouclé ?

« En vérité, on travaille tout le temps. J’étais à Cologne pour le Final 4 et je discutais avec des agents, des joueurs, des entraîneurs… Aujourd’hui, la limite est financière. Ce qui me plaît beaucoup, c’est que le club de Montpellier n’a jamais été aussi attractif pour les gens de l’extérieur. On a une très forte attractivité auprès des joueurs et des agents. Après on essaye de choisir et on a déjà parlé de ce que l’on a fait. On donne la chance à des jeunes français qui peuvent devenir demain de très bons internationaux. On est allé chercher deux joueurs d’expérience notamment en Ligue des Champions et dans les gros championnats avec Gilberto Duarte et Marin Sego. La venue du pivot Alexis Borgès est plus compliquée car Porto demande de forte indemnités pour le libérer. On discute mais je dirais qu’aujourd’hui cela a peu de chance d’aboutir.

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Mais ce n’est pas grave car on est outillé et armé pour démarrer une belle saison. Aujourd’hui, je suis au maximum des moyens mis à disposition en tant que manager général, peut-être que s’il y a une super opportunité et que les actionnaires me donnent le feu vert, on verra. Ce qui est clair, c’est qu’aujourd’hui on sait que l’on sera en Ligue des champions et on reste attentif à ce qu’il se passe. »

Cela a peut-être été compliqué humainement depuis plusieurs mois par rapport aux décisions prises envers certains joueurs, est-ce qu’il y a une forme de soulagement que cette saison se termine ?

« En vérité, pour tous les entraîneurs, c’est toujours un soulagement que la saison se termine. J’étais à Cologne avec pas mal d’entraîneurs et nous discutions de cela. Nous ne nous plaignons pas car on fait un métier fabuleux, mais quand on arrive à la fin d’une saison, on est épuisé physiquement et mentalement. C’est vrai qu’aujourd’hui je n’ai qu’une envie c’est de me reposer et souffler. C’est logique et c’est vrai pour les joueurs aussi.

Est-ce que je languissais que la saison finisse parce que les relations étaient difficiles ? Honnêtement non parce que la grande force de cette équipe a été de faire passer l’intérêt supérieur de l’équipe et du club en premier. On a été suffisamment sage ou intelligent, malgré de temps en temps les petites piques qui venaient de l’extérieur, pour rester serein et aller à l’essentiel. C’est à dire amener le club et le navire à bon port. C’est pour ça que je suis fier du travail que l’on a effectué. Les joueurs peuvent être fiers de leur travail. C’est ce que je leur dirai demain (ndlr : jeudi).

Quand on regardera avec un peu de recul la trajectoire du club, on verra Montpellier Handball 2e du championnat, qui a gagné un trophée, qui a joué une finale. Certes on a été en difficulté en Ligue des Champions mais comme on l’a gagnée l’année d’avant cela peut s’expliquer. Je ne dis pas que c’est une saison fabuleuse mais c’est une saison dont on peut être globalement fier du travail effectué parce que les circonstances n’étaient pas aussi simples que cela. »

Jeudi 6 juin à 20h45 au palais des sports René Bougnol, 26e journée de Lidl Starligue : Montpellier – Pontault-Combault. Match à guichet fermé.


Cédric Nithard