Portrait / Comédienne : Ornella Cortine, des planches montpelliéraines aux frontières ukrainiennes

Portrait / Comédienne : Ornella Cortine, des planches montpelliéraines aux frontières ukrainiennes

13/05/2022 à 07:06

Ornella Cortine. Model polyvalente
Ornella Cortine. Model polyvalente (©Béatrice Cruvellier)

Native de la Bourgogne rurale, Ornella Cortine, 38 ans, a passé la quasi-totalité de sa vie en Occitanie, à Nîmes puis, à Montpellier. Ancienne enseignante, elle change de vie et devient comédienne et mannequine. Récemment, elle a tout quitté pour aller aider en Ukraine. Rencontre

« Rien ne me prédestinait à devenir mannequin. Je ne suis pas née top modèle, loin de là ». Rencontrer Ornella Cortine, c’est échanger avec un tourbillon. A 38 ans, la jeune femme semble avoir déjà eu plusieurs vies. Aujourd’hui, elle alterne entre sa vie de mannequin, comédienne et bénévole au sein d’un convoi humanitaire pour distribuer des dons de première nécessité et du matériel médical en Ukraine.

À lire aussi

Devenue modèle presque par hasard

« Je ne me suis absolument jamais levée un matin en me disant qu’il faut que je fasse tel régime ou telle séance de fitness pour parvenir à avoir un physique qui rentre dans les normes voulues par les agences de mode. C’est même tout le contraire », s’amuse la trentenaire. Pour elle, le hasard y est pour beaucoup. « Fin 2009, quand mon amoureux de l’époque m’a offert une séance de photos de moi avec une photographe française professionnelle, cela m’a énormément aidé à m’accepter moi, telle que je suis, à accepter mon corps comme mon image ». Ce shooting photo a agi comme un déclic. Dans des proportions que la jeune femme n’imaginait pas au moment de prendre la pose. Parfaitement consciente de ne pas pouvoir devenir mannequine du jour au lendemain, la jeune femme a toujours continuer à travailler en parallèle. Titulaire de plusieurs diplômes universitaires, la native de Bourgogne a donc été professeure de français sur Montpellier et sur Nîmes.

Membre de l’agence Enjoy Models, je suis également comédienne au sein de la compagnie du Capitaine

Ornella Cortine

Tout en continuant à enseigner, la jeune femme postule à droite à gauche au cas où elle se ferait remarquer. Elle commence à faire « des photos dans l’Hérault, avec de vrais photographes, pour des collaborations plus ou moins rémunérées ». Ornella Cortine se décide à créer son premier book en ligne. « Ça a commencé comme ça », se souvient l’Héraultaise. Aujourd’hui, cela fait un peu plus de dix ans que la jeune femme fait des défilés et des publicités sur Paris et ailleurs, en étant membre de l’agence Enjoy Models basée sur Marseille et Paris. Dernièrement, elle a réalisé un shooting pour une grande marque de vêtements sportswear ; photos qui seront diffusées au second semestre 2022. Touche à tout, la jeune femme ne s’arrête pas là. Depuis l’été 2018 et en parallèle à ses shootings photos, elle est comédienne au sein de la compagnie du Capitaine. Fan d’improvisation, elle y interprète différents rôles sur plusieurs pièces, régulièrement jouées un peu partout dans la métropole de Montpellier. 

À lire aussi

Être utile aux autres

Sensible, la jeune femme suivait de près ce qui se passe aux portes de l’Europe depuis le 20 février. Là ou d’autres font des dons financiers, la jeune Montpelliéraine a, elle, franchi le pas et a décidé de partir au cœur du conflit. « Je sentais au plus profond de moi que je me devais de le faire, raconte-t-elle. Je ne sais pas pourquoi mais depuis le début de ce conflit, je savais que je devais faire quelque chose d’utile. Dès lors, j’en ai parlé à des amies proches ; j’ai postulé sur deux trois convois humanitaires différents au départ de Montpellier. Puis, rapidement, j’ai été acceptée sur l’un d’eux », explique-t-elle. Toujours soucieuse d’aider son prochain, la trentenaire, qui entre 2008 et 2011 a été enseignante en Français auprès de jeunes héraultais en difficultés, a donc fait le choix de mettre sa double carrière de comédienne et de modèle entre parenthèses pour faire 2400 kilomètres. Cette opération a pour but « d’apporter du matériel médical, des couvertures, des denrées non périssables, des médicaments à ceux qui n’ont vraiment plus rien et qui vivent au quotidien sous l’enfer des missiles russes ».

> Avec la rédaction de Côté Montpellier

MÉTROPOLITAIN