Législatives / Hérault : la famille NUPES se réunit… et il y avait même des socialistes

Législatives / Hérault : la famille NUPES se réunit… et il y avait même des socialistes


La NUPES lance sa campagne dans l'Hérault.
La NUPES lance sa campagne dans l’Hérault. (©CN / Métropolitain)

Après la convention fondatrice de la Nouvelle Union Populaire et Sociale tenue à Aubervilliers samedi, candidats et militants étaient réunis, ce mercredi à Montpellier, pour lancer la campagne des législatives dans l’Hérault. L’alliance post-présidentielle des partis de gauche affiche clairement ses objectifs de conquérir un maximum de circonscriptions pour conduire par la suite Jean-Luc Mélenchon au poste de Premier ministre et ainsi appliquer le programme commun dès juillet. Avec l’idée que l’union fait la force, et peu importe ceux qui resteraient en dehors, la NUPES a désormais cinq semaines pour convaincre.

« Une nouvelle page de l’histoire de France »

Un soleil de plomb et un grand ciel bleu. Le temple des eaux du jardin du Peyrou comme fond. Et beaucoup de sourires. Le printemps est bien là pour la gauche qui a acté son union. Espérée avant la présidentielle, il aura fallu que chacun prenne une claque pour calmer les égo et clarifier les forces auprès de chacun. À ce jeu, La France Insoumise en est sortie grande gagnante. Mais contrairement à 2017, Jean-Luc Mélenchon, visant la consolante, a rapidement ouvert la porte au rassemblement avec EELV, le PCF et le PS, concrétisé aujourd’hui par la NUPES.

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« Cet accord ne peut pas être résumé à un accord électoral, c’est un accord qui s’est fait sur la base d’un programme clair, ambitieux, de rupture. C’est une base programmatique qui constitue une base pour gouverner et changer la vie des gens dès le 19 juin » soutient Nathalie Oziol, membre de LFI, candidate sur la 2e, qui évoque « un accord historique » et « une nouvelle page de l’histoire politique de la France ».

Présente à la tribune de la convention inaugurale samedi, Julia Mignacca, membre d’EELV, candidate sur la 3e, témoigne : « Notre alliance est plus qu’attendue par les citoyens. Notre union a créé un espoir fort après cinq ans de macronisme, on mesurait sa puissance, on l’a ressenti. Nous avons une responsabilité immense de gagner pour appliquer notre programme ».

« Nos citoyens ont dit qu’ils voulaient une rupture »

Faisant figure d’ancien parmi toute la jeune garde, l’insoumis René Revol a senti monter la colère : « Depuis des années et des mois, dans la société, des vagues profondes se formaient. On l’a vu au moment de la lutte sur le code du travail, lors des mobilisations des jeunes pour le climat, lors de la mobilisation pour les retraites, et à travers les gilets jaunes, la question sociale, de l’emploi et du pouvoir d’achat est centrale. L’élection a permis de poser cette question et est venu le résultat avec une signification globale indépendamment des partis politiques. Nos citoyens ont dit qu’ils voulaient une rupture ».

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Sur cette thématique sociale, Gabriel Blasco, membre du PCF, candidat sur la 7e, se projette dans ce « nouveau monde » et, parmi les points du programme qu’une majorité NUPES pourra porter, met en avant « le SMIC à 1 400€ et le blocage des prix dès le mois de juillet. On parle de ne pas devoir se battre contre la retraite à 65 ans mais pour la retraite à 60 ans ».

« Un programme qui planifie la transition écologique »

Autre marqueur de ce « programme de rupture », l’écologie. Julia Mignacca détaille : « Nous nous retrouvons autour d’un programme auquel nous croyons toutes et tous, un programme qui planifie la transition écologique afin de garantir que l’on y arrive autour de trois grands piliers : instaurer une gestion publique des biens communs (air, eau, forêt, énergie), baisser nos émissions de gaz à effet de serre (rénover les bâtiments, interdire l’obsolescence programmée, le développement des énergies renouvelables…) et permettre à l’agriculture de faire sa transition écologique ».

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Julia Mignacca, membre d'EELV, candidate sur la 3e circonscription de l'Hérault.
Julia Mignacca, membre d’EELV, candidate sur la 3e circonscription de l’Hérault. (©CN / Métropolitain)

Ambitieuse sur la 3e circonscription, elle explique : « Le GIEC nous dit qu’il nous reste trois ans pour agir. Le président Macron, qui parle aujourd’hui d’urgence climatique, n’a rien fait depuis cinq ans. Condamné pour inaction climatique, il n’a pas hésité à désobéir au traité européen pour ne pas respecter ses engagements en matière d’énergie renouvelable. Là, pour désobéir, Monsieur Emmanuel Macron n’a aucun problème. Par contre quand il s’agit de casse du service public ou de libéralisation du marché, c’est autre chose, il nous faut respecter les règles ».

« Un acte de résistance élective »

Nathalie Oziol résume le sens de l’engagement des candidats NUPES : « Nous nous présentons aujourd’hui parce que l’élection présidentielle n’a rien réglé, parce que Macron est un président sans mandat, élu par la contrainte, sans programme. Ces candidatures que nous représentons constituent un acte de résistance élective à une ère de maltraitance sociale, écologique et politique. Ensemble nous allons mettre du législatif dans la monarchie présidentielle ». Et à ceux qui douteraient de la possibilité de voir Jean-Luc Mélenchon Premier ministre, René Revol, maire de Grabels explique : « Les institutions sont claires. Le parlement vote la confiance au gouvernement. Si la NUPES a plus de la majorité des sièges ce sera un gouvernement de la NUPES ».

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Pour cela, il faudra transformer l’indéniable dynamique de la présidentielle comme insufflée dès le soir du premier tour jusqu’au rassemblement aujourd’hui. Cela passe par conquérir un maximum de circonscription. En se basant sur le score de Jean-Luc Mélenchon, la NUPES entend rafler la mise dans l’Hérault. Sur les neuf circonscriptions, sept candidatures sont portées par La France Insoumise, une par Europe Écologie Les Verts et une par le Parti Communiste. Avec un absent.

« Les planètes se réunissent, il ne faut pas manquer ce moment »

Entre le national et le local, au jeu du partage, le Parti Socialiste a semble-t-il réglé ses comptes. Opposés à toute discussion avec Jean-Luc Mélenchon, Carole Delga, Kléber Mesquida et Michaël Delafosse ont présenté des candidats sur plusieurs circonscriptions avant la conclusion de l’accord. Tous les socialistes de l’Hérault ne sont toutefois pas rangés derrière cette ligne. « On vit un moment historique. Les planètes se réunissent, il ne faut pas manquer ce moment et gagner. On vit dans un pays en grande souffrance, où les idées libérales et capitalistes font le plein » souligne l’ancienne conseillère régionale Marie Meunier.

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Adhérente au Parti Socialiste depuis 2012 à la section du Pic Saint-Loup, elle témoigne de son optimisme. « Olivier Faure a remporté une belle majorité au conseil national pour que cette union puisse exister à travers le pays. Il faut avancer ensemble. Nous avons passé des accords sur l’essentiel qui doit nous structurer et des valeurs communes. Au delà de l’élection, nous avons un travail en commun à faire pour construire. J’ai toute confiance en cette NUPES et aux candidats. Vous pourrez compter sur le Parti Socialiste ». Des mots de militantes chaudement applaudis par l’assistance. Si les socialistes n’étaient qu’une poignée, Marie Meunier témoigne d’un bruissement : « C’est une boule de neige qui va grossir à mesure que l’on va avancer ensemble avec l’Union Populaire. D’autres sont sur les mêmes positions que nous ». Après cet exemple des voix dissonantes à celles des barons socialistes locaux vont-elles s’élever ?

« Nous avons conscience que nous avons des responsabilités »

Alors si certains ont décidé de partir en dissidence, comme par exemple Muriel Ressiguier désavouée par La France Insoumise, d’autres, suite à l’accord passé par leur parti, se sont rangés derrière la NUPES. Ce que ne manque pas de souligner celui qui fut le suppléant de la député sortante, désormais suppléant de Nathalie Oziol toujours sur la 2e, René Revol : « Nous avons conscience que nous avons des responsabilités et il faut saluer ceux qui ont fait un énorme effort, y compris ceux qui étaient prêts à être candidats, et qui se sont retirés pour permettre l’union de se faire. Laissons les dissensions aux autres ».

Les militants réunis derrière les candidats NUPES de l'Hérault.
Les militants réunis derrière les candidats NUPES de l’Hérault. (©CN / Métropolitain)

C’est d’ailleurs dans ce sens que le secrétaire départemental du PCF, Nicolas Cossange a témoigné : « Les Communistes sont heureux de participer à cette belle dynamique politique. Si nous sommes rassemblés c’est pour gagner, dans notre diversité avec nos divergences mais surtout nos convergences. Cette union fait peur à droite et à la macronie, face aux attaques nous mettons en avant nos convergences et surtout cette volonté de changer les choses tout de suite ». Génération S, Ensemble et le PRU sont également associés.

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Du côté d’EELV, Pierre Hardy est ravi : « Nous n’avions pas de députés et là on a l’espoir d’avoir un groupe à l’assemblée, c’est merveilleux. Les militants et les sympathisants doivent se mobiliser pour battre le rappel pour que tout le monde soit derrière l’union ». Une union qui réussit à rassembler aujourd’hui sous la même bannière des personnes opposées durant les municipales à Montpellier. Rétrospectivement, cela en serait presque drôle et laisse dire que rien n’est jamais écrit en politique. Quelque chose pourrait toutefois être en train de s’écrire aujourd’hui. Nationalement… et peut être bien localement.

« La NUPES a pour vocation de durer davantage que le temps d’une élection par la camaraderie que nous construisons et que nous continuerons à construire au-delà du 19 juin » souligne Nathalie Oziol. Dans la victoire ou la défaite, l’avenir le dira. Le présent de cette gauche rassemblée est à l’espoir. Aux candidats et militants d’oeuvrer dans leurs circonscriptions auprès des électeurs.

Les candidats dans les neuf circonscriptions

1ère circonscription : Julien Colet / Emmanuelle Chaize (LFI)

2e circonscription : Nathalie Oziol / René Revol (LFI)

3e circonscription : Julia Mignacca / Richard Corvaisier (EELV)

4e circonscription : Sébastien Rome / Caroline Borras (LFI)

5e circonscription : Pierre Polard / Laurie Fèbre (LFI)

6e circonscription : Magalie Crozier / Marc Sureau (LFI)

7e circonscription : Gabriel Blasco / Florence Cordier (PCF)

8e circonscription : Sylvain Carrière / Livia Jampy (LFI)

9e circonscription : Nadia Belaouni / Matthieu Brabant (LFI)

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Le 12/05/2022 à 07:05, par Cédric Nithard.