Montpellier : Dreamland, du manga à l’anime, une adaptation très attendue

Montpellier : Dreamland, du manga à l’anime, une adaptation très attendue


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. (©ADN / La Chouette Compagnie / Ellipsanime)

Publié par Pika Edition depuis 2006, Dreamland est considéré comme le premier manga français. Son créateur, Reno Lemaire, a situé son histoire dans sa ville natale Montpellier. Tandis que la sortie du tome 21 est attendue avec impatience, la plateforme de streaming Anime Digital Network (ADN) a réveillé la communauté de fans en annonçant l’adaptation en anime de Dreamland.

La place de la Comédie en anime

Lundi, ADN diffusait sur les réseaux sociaux un premier teaser où l’on voyait la place de la Comédie à la manière d’une animation japonaise. Le mince doute qui subsistait était levé le lendemain quant à une adaptation de Dreamland.

Imaginée par le montpelliérain Reno Lemaire, l’histoire met en scène Terrence, un adolescent de 18 ans, élève en terminale STT au lycée du Mas de Tesse, devenu depuis, Jules Guesde, qui a une peur panique du feu depuis la mort de sa mère dans un incendie alors qu’il n’était âgé que de sept ans. Un soir, alors qu’il rêve de sa mère prisonnière des flammes, Terrence parvient à surmonter sa peur et fait alors la rencontre d’un homme mystérieux qui lui annonce qu’il est devenu un Voyageur. Dès cet instant, tous les soirs, lors de son sommeil, l’adolescent se retrouve transporté à Dreamland, le monde des rêves, où il y mène de nombreuses aventures et va faire d’incroyables rencontres.

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Si Dreamland est développé au format manga, sa narration et le dessin s’en démarquent. Avec une histoire forte et particulièrement riche sur la longueur, la série réunit une communauté de fans importante. À la fin du premier cycle au tome 19, plus de 530 000 tomes avaient été vendus.

ADN, de diffuseur à co-producteur

Ce mercredi 15 juin, ADN en a dévoilé beaucoup plus lors d’un live sur Twitch à l’occasion du Festival international du film d’animation d’Annecy. Un projet important pour la plateforme qui compte dans son catalogue plus de 430 séries d’animation anciennes ou récentes soit plus de 12 000 épisodes disponibles en streaming gratuit. Un diffuseur qui passe aujourd’hui la vitesse supérieure en devenant co-producteur.

« ADN propose le meilleur de l’animation japonaise et s’ouvre désormais vers tous les types d’animation. Il y a une telle richesse qu’il faut avoir cet outil pour montrer toute la diversité de l’animation. L’objectif est d’être une aide pour les talents afin de voir leurs projets sortir » explique Benoit de Tauriac, managing director d’ADN avant la présentation des trois premières co-productions originales de la plateforme : « La dernière aventure du comte Lance-Dure » avec Ankama Animations, « Le Collège Noir » avec le studio La Cachette et « Dreamland » avec La Chouette et Ellipsanime.

Du papier à l’écran

Même si les fans attendaient ce passage à l’animation, c’est une vraie surprise tant Reno Lemaire ne semblait jusqu’à présent pas enclin à accepter une transposition de son oeuvre. La Chouette Compagnie, Ellipsanime et ADN ont réuni tous les ingrédients pour leur accorder toute sa confiance. Contrairement à Radiant, une création d’Ankama Animation développé par un studio japonais, Dreamland sera ainsi le premier manga français adapté par deux studios français.

Montpellier en animation.
Montpellier en animation. (©ADN / La Chouette Compagnie / Ellipsanime)

À l’origine du projet, Sylvain Dos Santos, directeur de La Chouette Compagnie, explique : « C’est le manga le plus iconique pour toute une génération. Cela fait des années que j’ai envie d’adapter Dreamland et que je me mords les doigts. Grâce à ADN cela peut se faire. À partir du moment où ils sont arrivés, c’est devenu concret. Et, c’est la liberté. C’est le seul diffuseur qui comprend l’animation japonaise et notre façon d’appréhender les choses. C’était la clé pour faire une bonne adaptation de Dreamland. Surtout que l’on est attendus au tournant, il y a du monde derrière. Et il ne faut aussi pas décevoir Reno « .

Une adaptation

Reno Lemaire qui a gardé le secret sur le projet depuis janvier 2021. « Je me suis entraîné à devenir président. J’ai menti à tout le monde » plaisante-t-il. Ne cachant pas son désamour pour l’animation japonaise, il prévient : « Les fans attendent une série longue comme un shonen mais quand on condense les moments importants on peut arriver à peu d’épisodes. Antoine et Jean-Luc ont compris Dreamland et les personnages ».

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Les deux scénaristes Jean-Luc Cano et Antoine Manuel ont en effet opéré à la bascule entre le papier et l’animation afin de couvrir les 19 tomes du manga en trois saisons de 10 épisodes de 22 minutes. Les lecteurs ne retrouveront donc pas la trame avec exactitude mais pas d’inquiétude. « Oui on n’a adapté mais cela reste Dreamland. L’idée était que rien ne passe si Reno ne valide pas. Tout ce que l’on a fait, c’était en accord avec lui » explique Jean-Luc Cano en précisant quant aux éléments scénaristiques qui ont été mis de côté : « Si Dreamland fonctionne, il y a moyen de faire beaucoup de spin-off ».

Et si certains fans s’inquiétaient d’une éventuelle censure ne songeant notamment au Mojoland, Reno Lemaire a été très clair : « Je m’autocensure déjà. Il n’y aura rien de censuré parce qu’il n’y a rien à censurer. Quand les choses sont amenés avec intelligence, il n’y a pas de censure ». Et de souligner, l’importance de travailler avec « un studio d’animation français qui partage la même sensibilité contrairement à ce qu’aurait pu faire un studio japonais ».

Changement de style graphique

Il faudra toutefois encore patienter. Après cette annonce, la série va bientôt rentrer dans la phase de production et les premiers épisodes devraient être présentés fin 2023. Parmi les éléments donnés, on sait que Reno Lemaire suivra les étapes de création notamment avec Nicolas Jaffré en charge du character design, que les voix seront en français avec des doubleurs qui ne seront pas des voix connues et que le générique pourrait être signé par le groupe Shaka Ponk.

Les Japonais découvriront peut-être la place de la Comédie grâce à Dreamland.
Les Japonais découvriront peut-être la place de la Comédie grâce à Dreamland. (©ADN / La Chouette Compagnie / Ellipsanime)

Un trailer de 2min30 réalisé par Charles Lefebvre sera néanmoins dévoilé lundi 20 juin sur les réseaux sociaux d’ADN. Même si ce ne seront pas des images tirés de la série, il en montrera tout de même plus sur le changement de style graphique clairement orienté vers l’animation japonaise évoquant Jujutsu Kaisen. « C’est un style plus adulte qui suit l’évolution du lecteur. Nous avons souhaiter apporter plus de maturité dans le design. L’apport de Reno a été exceptionnelle. C’est rare qu’un auteur accepte de modifier l’œuvre originale » explique Xavier Morelli, producteur executif chez Ellipse Animation. « Quand j’ai vu le trailer fini avec la musique, les effets… ça tue ! » juge Reno Lemaire.

Sur le papier, l’animation Dreamland a tout pour être un succès avec un axe important vers l’export. « C’est l’objectif, il n’y a pas de question là-dessus. Dreamland est une œuvre universelle capable de toucher tous les pays du monde » clarifie le co-producteur Sylvain Dos Santos. De quoi faire une excellente publicité internationale pour Montpellier comme l’a souligné le scénariste Antoine Manuel, originaire du clapas : « En tant que Français, on connaît certaines parties ou quartiers du japon grâce à toutes les animes que l’on a vu. Cela fait très plaisir de se dire qu’avec Dreamland certains japonais vont découvrir Montpellier et ainsi faire rayonner cette ville ». Et Reno Lemaire de prévenir amusé : « Le premier épisode est un guide touristique ».

Le 16/06/2022 à 13:52, par Cédric Nithard.