Commentaires

Aucun commentaire
Soyez le premier à réagir
Metropolitainfr

Justice. Isabelle Guiraud, maire de Saint-Jean-de-Védas définitivement relaxée


20 février 2009-9 juillet 2019 : la « torture » judiciaire aura duré dix ans pour Isabelle Guiraud, la maire de Saint-Jean-de-Védas, aux portes Ouest de Montpellier : mardi, les juges de la chambre correctionnelle près la cour d’appel de Montpellier ont confirmé sa relaxe pour le délit présumé de favoritisme.

Le parquet général requiert la relaxe !

Lors de l’audience qui s’est déroulée en mai -l’arrêt avait été mis en délibéré à ce mardi 9 juillet-, la position de l’avocat général Laurent Bebon a été inattendue, quand il a requis la relaxe, contrairement aux réquisitions du magistrat du parquet de Montpellier, qui avait réclamé une importante peine d’amende en première instance et qui avait interjeté appel de la relaxe ! 

Du coup, les juges de la cour d’appel ont suivi le réquisitoire du parquet général, Laurent Bebon s’étant rangé du côté des premiers juges du tribunal correctionnel.

Isabelle Guiraud -ex-Les Républicains, parti dont elle a claqué la porte- avait été relaxée avec ses deux co-prévenus, l’avocat Jérémy Balzarini (membre du cabinet, conseil de la municipalité) et Bernard Giacomo, ex-gérant de la Scop Sirventes, prestataire d’événements culturels, désigné pour créer et organiser le festival de rue à Saint-Jean-de-Védas.

Passation de deux marchés visée

Les poursuites judiciaires visaient les conditions de passation de deux marchés publics en 2009, moins d’un mois après son accession au fauteuil de premier édile. Deux plaintes déposées auprès du procureur de la République de l’époque par l’avocat Jacques Atlan, l’ancien maire de Saint-Jean-de-Védas sévèrement battu par Isabelle Guiraud.

L’ex-maire ne s’était pas déplacé au procès devant le tribunal correctionnel de Montpellier. Isabelle Guiraud avait plaidé des « conditions ubuesques » de son arrivée aux affaires, après un an à peine dans l’opposition, à la faveur d’un arrêt du Conseil d’Etat, invalidant l’élection de son prédécesseur.

« Un élu d’opposition n’est rien »

« Ce n’est pas parce qu’on est comptable, que du jour au lendemain, on devient spécialiste des marchés publics », a plaidé son avocate, Me Iris Christol qui a rappelé « l’existence de conseils municipaux homériques à l’époque de l’ère Atlan ». L’avocate d’Isabelle Guiraud a évoqué que, « Un élu d’opposition n’est rien. Quand il lève le doigt pour dire ou demander quelque chose, on lui coupe le micro, comme le faisait Jacques Atlan ».

Un camouflet pour l’ancien maire

Comme Iris Christol, lors du procès devant le tribunal correctionnel, Me Jean-Robert Phung avait également exigé la relaxe pour Bernard Giacomo : « Tout cela est très politique. Alors qu’Isabelle Guiraud  se retrouve sans directeur des services qui refuse de travailler avec la nouvelle mairie pour des raisons politiques et sans prestataire de services pour le festival et avec une équipe hostile. »

Analyse d’Iris Christol, ce jeudi : « Cette confirmation de relaxe met fin à de cette longue instruction de dix ans, due à la morosité et à l’amertume de Jacques Atlan.  La probité d’Isabelle Guiraud est définitivement consacrée ».

Cette relaxe définitive de la maire de Saint-Jean-de-Védas confirme le camouflet infligé à Jacques Atlan. Blanchie à quelques mois de l’élection municipale, Isabelle Guiraud ne va pas manquer de savourer cette victoire judiciaire.

11/07/2019 à 12:38 par Jean-Marc Aubert