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Metropolitainfr

CHU de Montpellier : les urgences à bout de souffle


En France, ce mardi 11 juin, les services d’urgence sont en grève à l’appel de l’intersyndicale CGT, FO, Sud santé et CFE-CGC.

Entamé depuis près de trois mois, le mouvement de protestation secoue actuellement les services d’urgences de tout le pays, traduisant le burn-out des personnels soignants.

Au CHU de Montpellier, la CGT appelle les personnels soignants à débrayer une ou deux heures dans la journée, afin de dénoncer la dégradation des services publics dans les hôpitaux.

La rencontre avec le cabinet du ministre, un échec

La grogne est réelle : les organisations syndicales exigent l’ouverture de négociations rapide sur les services d’urgences.

Le conflit est amplifié, voire renforcé par les craintes des personnels soignants nées du projet de loi « Ma Santé 2022 » porté par la ministre Agnès Buzyn, que cette dernière doit présenter à Paris ce mardi devant les sénateurs.

Un signe ? Le 6 juin dernier, une rencontre entre le cabinet de la ministre et les syndicats sur ce projet de loi a fait monter la température.

La CGT note des « progrès » pour les urgences de Lapeyronie, mais le manque de moyen se fait toujours sentir (©CHU Montpellier)

Syndicats et personnels priés d’attendre l’automne

Les représentants des personnels ont en effet déploré n’avoir obtenu aucunes avancée concrète, alors que la situation difficile des services d’urgences en France est connue et reconnue.

« Il faudrait attendre que le député LaREM Thomas Mesnier remette son rapport sur les urgences à l’automne », s’inquiètent les représentants des personnels soignants.

Pour eux, le compte n’y est pas, loin de là. Plus que des promesses et d’éventuelles mesures dans quelques mois, ils veulent des moyens. Vite.

La solution ? « L’augmentation des moyens et effectifs » 

« La seule solution viable pour les urgences, c’est l’augmentation des moyens et effectifs », confirme la section CGT du CHU de Montpellier.

Si le personnel est appelé à faire grève aujourd’hui, il n’y aura pas de rassemblement devant le direction générale comme prévu par la CGT.

« FO n’a pas souhaité se joindre à ce rassemblement », confirme le syndicat qui s’aligne sur les revendications nationales portées par l’intersyndicale.

A Montpellier, moins catastrophique que dans d’autres hôpitaux

A Lapeyronie, la colère porte sur les conditions de travail dans les urgences, desquelles découlent la qualité des soins.

L’équation locale est simple : plus de moyens humains et financiers pour une meilleur service : « Au CHU de Montpellier, la situation est moins catastrophique que dans d’autres hôpitaux », tempère toutefois le syndicat.

« L’été dernier, suite à un forte mobilisation du service, le directeur général a reçu deux fois le personnel en 48 heures, s’engageant à améliorer les choses ».

Les Urgences de Lapeyronie, constamment en sur-régime, ont besoin « de plus de moyens humains et financiers » selon la CGT (©dr)

Des progrès à Montpellier, mais la situation n’est pas rose

La CGT confirme des progrès « mais la situation n’est pas rose, loin de là ».

« Les temps d’attente sont longs, et le manque de personnel, qui freine le fonctionnement des urgences, est toujours criant ».

Au final, les problématiques des urgences du CHU de Montpellier rejoignent ceux des autres hôpitaux français, encore bien moins lotis.

Un autre problème majeur : les mutualisations de personnel

Si elles varient parfois d’une région à l’autre, les revendications sont les mêmes.

A Montpellier, la CGT demande le respect du temps de travail et la titularisation des CDD sur des postes pérennes, et insiste sur un autre problème majeur, moins voyant : les mutualisations.

« Nous demandons l’arrêt des mutualisations pour le personnel, un choix qui entraîne une forme d’ultra-polyvalence dangereuse pour la sécurité des soins et des personnels », confirme le syndicat.

La grogne contre le projet Ma santé 2022

Au-delà du cas emblématique des urgences, la grève nationale des personnels soignants doit aussi servir à dénoncer le projet de loi santé. Lequel contient quelques pépites.

Comme cette mesure déposée par l’ex-ministre socialiste Laurence Rossignol qui propose un allongement de deux semaines des délais de l’IVG.

11/06/2019 à 12:25 par Gil Martin