Lors de la cérémonie des vœux de l’Université de Montpellier, le président récemment réélu Philippe Augé (en poste depuis 2015) a résumé son programme en quelques verbes : « construire, anticiper, déployer ». On pourrait presque dire « rien de nouveau en somme », sauf que cette année 2026 s’annonce financièrement plus difficile encore que les autres.
16 M€ en moins en 2026
Le président universitaire pointe notamment les mesures non compensées par l’État qui représenteront cette année un manque à gagner de 16 millions d’euros pour l’UM (contre 15 M€ l’an dernier). De quoi dénoncer vertement « un contexte contraint » provoqué par le désistement de plus en plus impactant de l’Etat.
« Depuis plusieurs années, les Universités assument de nouvelles missions : accompagner la transition écologique, développer l’appui à l’insertion professionnelle, mettre en place des dispositifs pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes, prendre en charge l’inclusion, agir en faveur de la santé étudiante… »
« Si l’État continue d’imposer aux Universités de prélever dans leurs fonds de roulement, les opérations d’envergure au service de nos étudiantes ne pourront plus être engagées »
Philippe Augé a profité des vœux pour faire passer un message fort : « L’université publique n’est pas une dépense, mais un investissement stratégique. Investir dans l’Université de Montpellier, c’est investir dans la jeunesse, la recherche, l’innovation, la cohésion sociale et l’avenir de nos territoires ». Le président universitaire appelle de tous ses vœux « à un vrai débat en France sur le rôle de l’enseignement supérieur public et une nouvelle loi de programmation ».
« Si l’État continue d’imposer aux Universités de prélever dans leurs fonds de roulement, les opérations d’envergure au service de nos étudiantes ne pourront plus être engagées au détriment des usagers, de l’attractivité et des impacts économiques sur les territoires », poursuit l’élu universitaire.
« Agir collectivement »
On espérerait qu’il soit entendu, mais visiblement, avec un gouvernement qui n’arrive même pas à adopter un budget digne de ce nom, il faudra se résoudre à faire mieux avec moins. « Malgré ce contexte difficile, l’UM avance avec détermination en 2026. Avec la communauté universitaire, nous agirons collectivement pour poursuivre la dynamique engagée afin de renforcer l’excellence scientifique, l’innovation, la qualité et l’insertion professionnelle de nos formations mais aussi le rayonnement international de notre université tout en valorisant son histoire, ses singularités et ses valeurs ».
Nouveau contrat d’établissement
Au menu de la nouvelle direction de l’UM également : un impératif « administratif » avec l’obligation de présenter le nouveau contrat d’établissement de l’UM au ministère en janvier 2027, et deux autres gros dossiers : la vie étudiante et l’immobilier, avec notamment la construction du nouveau grand restaurant universitaire (51 000 étudiants pour l’UM) qui sera construit sur le campus montpelliérain de Saint Priest, ou les efforts consentis pour améliorer la santé des étudiants dans un contexte de précarité étudiante galopante.
Autre gros « morceau » pour l’UM : poursuivre le programme d’IA Montpellier Méditerranée initié avec la Région Occitanie, la Métropole de Montpellier et le CHU : et aménager la Chapelle de la Visitation, acquise au printemps 2025. Cet édifice situé rue de l’Université sera dédié aux étudiants de la proche faculté de Droit et de Sciences Politiques.